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in the dark of the night - Rowan

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Messages : 13
Date d'inscription : 25/11/2015
Porte-monnaie : 19

MessageSujet: in the dark of the night - Rowan Jeu 17 Déc - 1:15

La maison qu'il leur avait loué puait la tristesse et le vieux charbon. Le papier peint ne tenait plus aux murs depuis bien longtemps, il était aisé d'imaginer une famille miséreuse se presser ici, trop grande, trop famélique pour survivre, odeur de vin, odeur de triste faim. La première nuit, Johan posa ses doigts contre le mur de la chambre, laissant une fine couche de charbon s'y déposer. La mine était proche, trop proche, cela lui rappelait les histoires d'un ami, lui, son accent irlandais pourri dans un bar anonyme, peut-être ici, peut-être ailleurs. Quelque chose à propos des lutins des mines, d'une femme gitane, d'une injustice, de plusieurs peut-être... Il songea même à raconter le conte à Rowan, mais la jeune femme dormait déjà.
De quoi rêvait-elle, de qui ? Il avait observé son front plissé, jaloux de ne rien voir, jaloux de ne rien comprendre, alors il se pencha juste, assez pour embrasser son front, sa tempe, ses lèvres. Et l'un contre l'autre ils dormirent, dans cette première nuit ici, en Amerique, avec le froid au dehors et les fantômes de la mine.

Depuis, il y avait eu des hurlements, des coups aussi, Car Johan ne savait jamais aimer bien longtemps, lui incapable de la haïr complètement. Qu'importe....
Aujourd'hui, il avait été boire. Personne, pas de compagnie, juste sa bière et lui. D'abord une heure, puis deux, puis trois, jusqu'à la fermeture du pub. Il pensa à son frère un peu, il y pensait à chaque bière, en souvenir de celle qu'il n'avait jamais terminé. Ca faisait presque moins mal maintenant, le deuil. Simplement parce que le temps passait, qu'il avait quelqu'un aussi. Quelqu'un qui l'attendait peut-être, ou peut-être pas, comment savoir avec une femme ayant son propre monde ? Elle était jeune, elle était belle, elle était sienne. Il le voulait, il le croyait, sinon il ne possédait rien, pas même sa propre vie...

Des jeunes dehors, là, l'obscurité, la nuit. Des jeunes sans rien pour s'occuper, comme dans chaque petite ville, bouffis de haine, d'ennuis et d'alcool. Ils l'avaient remarqué, lui, son accent danois à couper au couteau et ils le pensaient trop grands, ils le pensaient trop saoul. Ils le pensaient trop vieux surtout. Et oui, Johan éait ivre, ça ne l'empêcha pas de rendre les coups, ça ne l'empêcha pas de s'en prendre aussi, par pure masochisme. Autant continuer à faire croire qu'il était inutile, pas vrai ? Mais ces jeunes, il les mit tous à terre quand même. A l'un, il cassa trois dents, assez pour le rendre moche, ça lui apprendra.
Casser des dents, pfff il préférait briser des nuques, et l'alcool le rendait violent. Un instant Johan songea à partir, il le faisait avant. Jeune, solitaire, un mal être au cœur comme une rage mortelle, alors rien ne l'arrêtait, ni la glace, ni le vent.
Sauf qu'il voulait penser à Rowan, l'imaginer près de la fenêtre, à l'attendre. Comme si elle faisait ds choses pareilles... Et il il voulait la voir, la saisir, la serrer contre lui fort, toujours trop fort. Parfois, il se demandait si elle l'aimait. Il ne lui posait jamais la question, on lui avait jamais vraiment appris les sentiments, alors...
En attendant, elle était à lui, voilà tout. Peut-être qu'il lui demanderait de jouer un air en rentrant, simplement de chanter peut-être, chantonner un petit peu, comme à un enfant.

La maison était encore plus misérable de l'extérieur, petite malgré son étage. Il la louait une misère, seul cela comptait. Parce que dans un patelin comme celui-là, un journaliste ferait jamais fortune, alors autant économiser un peu avant de vraiment voir si on reste ou non.

Tout était sale, tout était brumeux, l'alcool... Il avait mal à la jambe aussi, alors Johan remarqua le sang dans la neige. Tiens donc, un de ces petits cons l'avait blessé finalement On dirait bien, son jean était déchiré au niveau du mollet droit, il ne sentait pas trop la douleur, ou bien il s'en foutait juste impossible de savoir. Le Chasseur eut le luxe d'un léger rire. Il rentra, referma à clé derrière lui et gravit les quelques marches de l'étage avant de se laisser tomber dans un fauteuil. Sur le lit, une forme, elle ne dormait pas. Elle ne dormait pas, pas plus qu'elle ne l'attendait. Il voulait voir ses yeux, les voir briller dans la nuit...

 « Il reste de l'eau chaude ? »

Sa blessure devait être nettoyée, sa carcasse aussi. Après, le lit, après, les draps, et puis elle aussi....

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Date d'inscription : 26/11/2015
Porte-monnaie : 11

MessageSujet: Re: in the dark of the night - Rowan Lun 28 Déc - 23:11

Tout avait commencé avec un coup de poing dans le nez. Pas dans le sien, non, puisqu’il se serait ressoudé. Pas dans celui de Johan non plus, ou la totalité de la ville aurait disparu dans une expédition punitive. Non, celui de cet homme, ou plutôt de cet amas de chair, sang et autres trucs gluants vu ce qu’il en était resté après sa brève -mais intense- rencontre avec le nordique au tempérament résolument viking ce jour là. Un individu peu scrupuleux qui n’avait visiblement pas senti l’aura menaçante dans son dos alors qu’il avait eu l’extrême indélicatesse de reluquer le dessous de la jupe de Rowan. Laquelle, victime d’une grève sans précédent de motivation, n’avait pas pris la peine de mettre de sous vêtements.

Il n’en avait pas fallu plus. Et, à dire vrai, si elle n’était pas tout à fait opposée aux représailles sur le principe, elle était en revanche beaucoup plus réservée sur la mise en pratique. Tout comme le reste des habitants de la ville qui, étrangement, n’avaient pas perçu cet uppercut comme une main tendue par ces nouveaux arrivants excentriques vers l’intégration. Ce qui était somme toute, fort compréhensible, à part pour Johan qui persistait à ne pas vouloir voir le problème. En même temps, c’était pas lui qui risquait de se faire emmerder, tant les regards louchaient avec application sur le bitume lorsqu’il était dans un rayon de moins d’un kilomètre.

La sans-culotte par contre semblait être une cible facile pour les regards en coin, lesquels se gardaient désormais bien d’être en biais et en direction de sa chute de reins. Sentir leurs regards, leurs émotions suintantes par tous les pores crasseux de leur peau n’avait rien arrangé et les quatre murs tristes de leur baraque pourrie avaient finit par remplacer le grand air qu’elle préférait pourtant. Elle qui n’avait jamais été une femme d’intérieur, elle qu’on ne pouvait pas franchement qualifier de belle plante se retrouvait à faner, l’ennui consumant peu à peu ses miettes d’énergie.

Elle avait essayé de faire comme les films qu’elle voyait à la télé, quand l’antenne était suffisamment clémente pour les diffuser sans sauter. Assise sur le rebord de la fenêtre, à regarder la pluie tomber et les vitres s’encrasser. Ce qui avait approximativement duré une bonne quarantaine de seconde, avant même que la pluie ne se décide à tomber. Depuis, chaque journée seule (traduire par chaque journée où s’accrocher à la chaussure de Johan n’avait pas marché) était dédiée à ce type d’expérimentation sociologique sur sa personne. So far, il fallait dire que l’évolution de sa folie était plutôt régulière, à part les quelques pics où elle se retrouvait accroupie à pleurer dans la douche sous le mince filet d’eau calcaire.

Ce jour là avait été dédié à une expérience tout à fait inédite dans la vie de la jeune femme, et ceci alors même qu’elle abordait sa troisième décennie à bord du Planet Earth Ship. Au début, elle s’était dirigée à pas de loup vers la cuisine, comme de peur de réveiller les casseroles endormies là depuis trop longtemps. Pas folle, elle avait fini par rebrousser chemin pour conquérir un terrain moins hostile : le placard à balais et surtout, son contenu qu’il avait fallu apprivoiser. Entre balais espagnol et balais….traditionnel, son cœur avait finit par pencher en faveur de la deuxième option.

Une deuxième option qui trainait désormais dans un coin de la chambre coucher tandis qu’un coin du tapis retourné laissait échapper la poussière laborieusement déplacée jusque là. Finalement, la contemplation du mur n’était peut être pas si mal et, en fermant les yeux, elle pouvait presque entendre l’écho oublié des oiseaux et des branches qui se brisaient alors sous ses pas lorsqu’elle arpentait les sentiers forestiers.

Le plancher avait finit par craquer, comme il le faisait à chaque fois qu’il rentrait. Elle qui l’attendait d’ordinaire avec tant d’enthousiasme ne bougea pourtant pas, pas vraiment impatiente à l’idée de lui montrer ses prouesses en ménage. Pourtant. Pourtant, quelque chose n’allait pas. Ce n’était pas la bonne latte, pas le bon morceau de bois qui grinçait. Pas le bon intervalle entre deux pas non plus.

Dans la pénombre, deux yeux d’un bleu trop clair, trop artificiel se dardèrent aussitôt sur la silhouette à peine appuyée dans l’encadrement de la porte. De l’eau chaude était clairement…ce dont il avait le moins besoin, à sentir l’odeur féreuse qui flottait désormais dans l’air, agressant avec violence ses sensibles narines. En quelques secondes, elle était près de lui, sans toutefois oser le toucher. Des deux, Johan était de toute évidence la vraie bête sauvage que l’on redoutait d’effleurer. Tous, y compris elle, qui ne faisait pas exception à la règle, gardant les mains à quelques centimètres de son corps mais ne l’épargnant pas de son regard scrutateur.

« Ils sont encore vivants ?» car si son état était certes peu reluisant, nul doute qu’ils devaient être bien plus amochés.

Profitant de son silence, et de sa relative léthargie, ses doigts presque caressants le menèrent jusqu’à la pièce d’eau, le débarrassant peu à peu de ses lambeaux de vêtement pour découvrir ses meurtrissures.

Et à les voir, la nuit allait être vraiment courte.

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